Audionomie

#1 - Le confusionnisme 1/2

Cet épisode débute l’analyse théorique du confusionnisme qui désigne l’injection d’idées réactionnaires dans les milieux militants à l’aide de techniques rhétoriques et de manipulation.


Texte complet de l’épisode


Avec les mouvements sociaux qui se multiplient, les crises économiques qui s’enchainent, la militarisation du maintien de l’ordre, la destruction des écosystèmes, il semble clair à de plus en plus de monde qu’un changement radical de société est nécessaire. Pour parvenir à ce changement radical, l’élaboration de bases idéologiques et de stratégies communes entre différents groupes devient elle aussi nécessaire. Dans ce contexte, certains individus et groupes, poussés par l’ignorance, l’impatience, la stratégie ou l’intérêt, profitent de ces questionnements pour introduire, à l’aide de techniques rhétoriques et de manipulation, des idées réactionnaires dans les mouvements militants. Ce phénomène s’appelle le confusionnisme.

Ce n’est pas un phénomène récent. Selon l’historien Pascal Ory le confusionnisme, défini historiquement comme une idéologie d’extrême-droite influencée par une culture de gauche, peut être retracé à Maurice Barrès à la fin du 19ème siècle. Barrès, qui se décrivait à la fois comme socialiste et nationaliste, est aujourd’hui tristement célèbre pour ses sorties antisémites pendant l’affaire Dreyfus. Depuis, comme nous en reparlerons, le confusionnisme ne se définit plus simplement comme un mélange d’idéologies, mais comme une forme de manipulation du discours et de la pensée.


Traitement des exemples de discours confusionnistes


Pour pouvoir donner une définition plus opérationnelle et contemporaine du confusionnisme, nous allons dans cet épisode considérer quelques exemples de ce phénomène. Dans ce premier épisode sur le confusionnisme, nous allons considérer quelques exemples de discours confusionnistes tenus par Étienne Chouard. Mais avant de pouvoir plonger dans le coeur du sujet, il faut clarifier l’approche que nous allons prendre pour aborder ces exemples.

Ce que je propose c’est que, plutôt que de s’intéresser aux raisons qui poussent certains groupes ou individus à tenir ces discours, nous allons nous intéresser uniquement aux contenus de ceux-ci. Les raisons du confusionnisme sont, en effet, relativement connues : c’est la méconnaissance de l’extrême-droite, l’intérêt, l’idéologie réactionnaire ou, parfois, simplement la haine. Et ces causes semblent impossible à contrer sur le court terme, mais il est possible de stopper les influences réactionnaires du discours confusionniste en pointant certaines de ses formes. L’approche que je propose sera donc la suivante : analyser les discours et les techniques rhétoriques plutôt que les personnes et leurs motivations.


L’approche que je propose sera donc la suivante : analyser les discours et les techniques rhétoriques plutôt que les personnes et leurs motivations.


Présentons quand même rapidement Étienne Chouard. Chouard, qui s’est fait connaître pour son implication pour le « non » lors du référendum sur la constitution européenne en 2005, est très impliqué dans certains milieux de gauche et des Gilets jaunes comme principal défenseur du « référendum d’initiative citoyenne », ou RIC. Il défend aussi une assemblée constituante tirée au sort et organise des ateliers d’éducation populaire pour diffuser ces idées. En parallèle, Chouard a été extrêmement critiqué pour sa défense de personnalités d’extrême-droite, antisémites, islamophobes, misogynes et conspirationnistes comme Alain Soral, Thierry Meyssan, ou l’américain Alex Jones.

J’insiste encore sur le fait que le but est d’analyser certaines thèses confusionnistes et d’amener des outils contre la manipulation de la pensée. Le fait d’attaquer les positions confusionnistes de Chouard, qui sont extrêmement dangereuses à mon avis, n’implique pas de discréditer toutes les idées avancées par lui. Si Chouard soutient des thèses confusionnistes qui doivent être attaquées, celui-ci peut avoir des idées intéressantes sur d’autres notions comme, par exemple, la critique de la démocratie représentative. Inversement, le fait que Chouard possède une connaissance à propos d’un sujet précis comme le RIC, ne signifie pas qu’il connaisse magiquement tout à propos de tous les sujets. En particulier, nous allons voir qu’il ne semble pas connaître le fonctionnement et les définitions basiques du fascisme. Ou alors il fait semblant de ne pas les connaître, ce qui est encore pire.


La redéfinition de concepts


Passons donc aux exemples. Le premier est un extrait d’un interview donné par Chouard au site Librinfo74.fr en 2016. Cet extrait est très intéressant, car il illustre au moins trois techniques rhétoriques différentes que nous allons analyser les unes après les autres.

La première technique est illustrée dans les passages suivants : Chouard dit par exemple « le fascisme c’est les plus riches qui prennent le contrôle du politique, (…) le fascisme ce n’est pas le racisme ou l’antisémitisme ». Plus tard dans la vidéo il ajoute, « que le clivage gauche-droite soit avec le racisme d’un côté et l’antiracisme de l’autre (…) c’est les banquiers qui ont organisé ça (…) le résultat pour eux c’est qu’on n’arrive plus à critiquer les banques sans être raciste ». Et encore selon Chouard, Soral serait « bien plus résistant (…) à l’horreur libérale que Hollande ou Sarkozy » et le vrai fascisme serait l’ordre mondialisé capitaliste et libéral. Sur le sujet du fascisme il continue encore en déclarant que « Soral et Le Pen ne sont pas dangereux, ils n’ont aucune chance d’accéder au pouvoir ».1

Cet extrait illustre un aspect important du confusionnisme : la redéfinition de concepts, ici celui de fascisme, au profit de positions ou de personnes réactionnaires, ici pour défendre Soral et le Front National. Pour mieux comprendre la transformation de concept opéré par Chouard et faire une comparaison, il faut donner une définition minimale du fascisme utilisée par des historiens et sociologues.


Cet extrait illustre un aspect important du confusionnisme : la redéfinition de concepts, ici celui de fascisme, au profit de positions ou de personnes réactionnaires, ici pour défendre Soral et le Front National.


Pour cela, nous allons utiliser la définition minimale qu’Ugo Paletha énonce dans son livre récent « La possibilité du fascisme » publié aux éditions La Découverte. Selon Paletha, le fascisme peut être considéré comme « un mouvement de masse qui prétend oeuvrer à la régénération d’une « communauté imaginaire » (…) par la purification ethno-raciale et l’anéantissement de toute forme de conflit social et de toute contestation ». Son mode d’action est basé sur « une pratique politique centrée autour d’une répression et d’une violence systématique » exercé par « les appareils répressif d’Etat » et de certain « secteurs de la population enrôlés au sein de milices ».2

Avant de passer à la comparaison de ces définitions, il faut préciser que toute définition de concepts historiques et politiques est difficile, car il faut choisir quels événements intégrer et lesquels exclure. Mais il faut souligner que les définitions utilisées par Paletha sont basées sur des sources qui ont analysé des textes, des témoignages historiques et des documents officiels. La définition de Paletha n’est pas basé sur une opinion, comme semble l’être la définition de Chouard et c’est justement là que la confusion peut opérer. Pour le comprendre, nous allons maintenant analyser plus en détail les différences principales entre ces définitions.

La première différence essentielle est la négation de l’antisémitisme et du racisme comme vecteurs du fascisme. Selon Chouard, ces deux idéologies n’ont rien à voir avec le fascisme puisque il le confond dans sa définition avec le capitalisme autoritaire. Or, comme Paletha le mentionne, cette volonté idéologique de créer une communauté imaginaire et unie est nécessaire pour comprendre le fascisme. Il suffit de se rappeler les exemples historiques du fascisme : l’idéologie nazie était basée sur des notions pseudo-biologiques et antisémites de la race aryenne et l’idéologie mussolinienne sur des pseudo-références racistes à l’empire romain.

Dans l’extrait, Chouard va même plus loin en affirmant qu’on ne pourrait plus critiquer les banques sans être qualifié de raciste et essaye par la même occasion de défendre l’idée que Soral serait un résistant. Il ne faut pas oublier que l’opposition au capitalisme autoritaire ne suffit pas pour présenter une vision progressiste et émancipatrice de la société. Par exemple, beaucoup de dirigeants nazis et mussoliniens défendaient une vision corporatiste de l’économie, c’est-à-dire, la volonté de rassembler les ouvriers, les patrons et les classes possédantes et de subordonner leurs intérêts à ceux de « la Nation », de l’État ou de l’entreprise. Ce point illustre d’ailleurs la volonté du fascisme d’anéantir toute forme de conflit social et de détruire les organisations qui défendent les intérêt des travailleurs. Il faut remarquer que la réconciliation entre les classes est, d’ailleurs, une idée souvent utilisée par Soral et son mouvement…

La deuxième différence essentielle entre ces définitions réside dans l’idée que le fascisme serait porté uniquement par la classe possédante et qu’il ne pourrait pas arriver par les élections. Ainsi, pour Chouard le fascisme ce sont « les riches qui prennent le contrôle de la politique » et, plus incroyablement, ce serait « les banquiers » qui auraient mis en place le clivage gauche-droite… Nous n’allons pas nous attarder sur la question des banquiers, vu que cette position est stupide, mais nous pouvons nous arrêter sur l’idée que le fascisme seraient un prise de contrôle de l’état par les classes possédantes. Cette idée fait écho, sans être développée, à la théorie marxiste selon laquelle le fascisme serait un outil utilisé par la classe possédante pour répondre à une situation révolutionnaire. Si cette idée avait réussi à générer une traction au 20ème siècle, elle est maintenant démentie par les historiens sérieux du fascisme. En effet, sociologiquement, le fascisme historique est multiclassiste. Comme Paletha l’explique bien le fascisme historique repose sur une « alliance très instable entre la petite bourgeoisie en déclin (…), les fractions des classes possédantes les plus conservatrices (…), ainsi que des éléments plébéiens paupérisés par les transformations du capitalisme, généralement déconnecté du mouvement syndical et des partis de gauche ».3 Concernant la position de Chouard sur les élections, il ne faut pas oublier que le fascisme peut se servir de tous les moyens à dispositions pour arriver au pouvoir et qu’il est déjà arrivé au pouvoir par les urnes en Allemagne notamment. Chouard semble aussi oublier qu’une partie des pouvoirs de l’État est déjà utilisée pour perpétrer des inégalités structurelles extrêmes et que, de facto, une partie de la classe dominante oriente ces pouvoirs.

Revenons aux définitions, les deux différences mentionnées au dessus montrent déjà que le fascisme n’est pas un phénomène aussi simple que Chouard aimerait nous faire croire. En fait, sa redéfinition du concept de fascisme occulte des faits historiques, politiques et sociaux et s’est transformé d’un outil de compréhension de la réalité en une prise de position idéologique. Sa manipulation de la définition permet aussi d’avancer l’idée que l’extrême-droite pourrait être un vecteur d’émancipation sociale et que le combat contre le fascisme serait dans une logique de défense de l’ordre existant. Bien sûr, la réalité et l’histoire montrent que c’est complètement l’opposé. Pour donner un seul exemple, il suffit de mentionner les attaques récentes de groupes fascistes sur des étudiants en lutte contre la réforme des retraites à Tours, qui rappellent les attaques du groupe terroriste d’extrême-droite Occident dans les années 60.4 Cette redéfinition de concepts au profit de groupe réactionnaires est la première technique réthorique du confusionnisme. C’est, au fond, une version « soft » de la falsification ou la réinterprétation de faits souvent utilisée par les idéologues conspirationnistes.


Le pseudo-débat et les fausses équivalences


Un autre aspect du confusionnisme est illustré plus tard dans cette interview, lorsque Chouard avance par exemple « Soral se trompe peut-être mais il faut montrer qu’il se trompe » ou encore «  il faut (que Soral) fasse partie du débat ». Durant la vidéo, cette idée revient d’ailleurs souvent : il faut parler avec tout le monde quelque soit les idées avancées par ces personnes. En d’autres termes, même les idées les plus réactionnaires comme l’antisémitisme doivent être considérées comme des points de vue valides et c’est aux détracteurs de démontrer qu’elles sont dangereuses ou erronées. Ce discours est problématique sur deux points. Premièrement, il défend l’idée qu’il n’y a aucun problème à ce que toute idée soit avancée et défendue et, deuxièmement, en sous-entendu, que les idées se valent a priori et doivent être mise dos à dos dans une discussion libre.

Commençons par le premier. Je pense qu’il y a certaines idées et idéologies qui sont extrêmement dangereuses à diffuser et que certaines idées doivent, au minimum, être boycottées par les mouvements révolutionnaires. Pourquoi devraient-elles être boycottées ? Parce que certaines idéologies, comme l’antisémitisme, l’islamophobie, le racisme, la misogynie et l’homophobie ne font pas appel à la raison mais directement à certaines émotions et à certains affects psychologiques. Ces idéologies peuvent donc être utilisées à des fins de manipulation. En fait, je pense que le simple fait d’exposer des personnes à ces idéologies ou de faire de l’audience aux idéologues qui les défendent peut être dangereux. Cette propriété de manipulation émotionnelle et psychologique est d’ailleurs très bien comprise par les propagandistes d’extrême-droite contemporaine. Par exemple, un site néo-nazi américain mentionne dans son article d’aide à la rédaction qu’il faut profiter de toutes les opportunités possibles pour diffuser des positions antisémites même sans arguments ou « pour rigoler ».5 Selon ce point de vue, qui est bien entendu le même que celui des nazis historiques, c’est la présence et la répétition de d’une idéologie qui en fera un point de vue valide et qui mèneront à son adoption de masse. Par conséquent, les individus répondant de manière rationnelle à ces discours ou les libéraux considérant que toutes les idées doivent faire partie du débat peuvent, sans s’en rendre compte, faire le jeu de ces propagandistes. Je reviendrai sûrement sur la manière dont les idéologies comme l’antisémitisme, l’islamophobie, le racisme, la misogynie et l’homophobie permettent de manipuler les esprits dans un épisode futur. Pour l’instant, j’insiste seulement sur le fait que si ces stratégies de légitimation d’idéologie sont utilisées par des nazis, la moindre chose pour les mouvements émancipateurs, c’est de ne pas participer.

Revenons au discours de Chouard. Le deuxième point problématique dans l’extrait mentionné est la mise dos-à-dos d’idéologies complètement irréconciliables. Cette technique est généralement utilisée pour légitimer ou dé-légitimer une des position placées en opposition. Par exemple, lorsque dans un communiqué qui fait suite à une action médiatique de du groupe Génération identitaire, Gérard Collomb met dos-à-dos les actions de secours des militants pro-migrants et l’action médiatique des identitaires, c’est pour dé-légitimer l’action de sauvetage.6 D’ailleurs, cette stratégie de postuler une équivalence entre l’extrême-gauche et l’extrême-droite est souvent utilisée par le gouvernement pour essayer de dé-légitimer l’extrême-gauche. Mais la stratégie est aussi utilisée dans un autre sens pour légitimer des positions indéfendables comme l’antisémitisme, l’islamophobie, le racisme ou la misogynie.


(…) cette stratégie de postuler une équivalence entre l’extrême-gauche et l’extrême-droite est souvent utilisée par le gouvernement pour essayer de dé-légitimer l’extrême-gauche. Mais la stratégie est aussi utilisée dans un autre sens pour légitimer des positions indéfendables comme l’antisémitisme, l’islamophobie, le racisme ou la misogynie.


Ici, c’est la technique utilisée dans le discours de Chouard. En postulant que les positions de Soral doivent faire partie du débat et, surtout, en affirmant que c’est aux détracteurs de Soral de démontrer que celui-ci à tort, Chouard pose effectivement ces positions comme étant a priori légitimes. Par son discours, il mets en équivalence les positions habituellement débattues dans les milieux militants avec l’idéologie antisémite de Soral, comme si celle-ci devait mériter la même attention. Heureusement que beaucoup de militants, entre-autre dans le mouvement des Gilets jaunes, ont très vite vu qu’une brève analyse des positions de l’extrême-droite montre que celles-ci sont complètement contraire à toute notion d’émancipation et qu’elle sont immédiatement discréditées, contrairement à ce que Chouard semble penser. D’ailleurs, Chouard fait aussi preuve d’absence totale d’esprit critique envers ces positions en suggérant qu’il faut engager le débat avec l’extrême-droite, mais uniquement sur des sujets où tout le monde peut être en accord comme le RIC par exemple. Ce passage illustre en fait la deuxième technique réthorique du confusionnisme : l’utilisation d’un pseudo-débat démocratique pour intégrer ou légitimer des positions réactionnaires.


La hiéarchisation des luttes


Le troisième et dernier aspect du discours de Chouard sur lequel nous allons nous arrêter rapidement est la notion de hiérarchisation des luttes et oppressions. Cette dernière technique réthorique est illustré dans le discours de Chouard quand il dit, par exemple que « le racisme n’est pas (…) notre problème politique premier » ou encore que « (sa) position sur l’avortement est un sujet second ». Cette technique réthorique consiste à postuler qu’il existerait une hiérarchie des luttes et des oppressions qui les classerait par ordre d’importance. Ce type discours s’illustre aussi, dans certains milieux antiracistes, par l’idée que l’antisémitisme ne serait plus d’actualité par rapport à l’islamophobie ou encore, dans certains milieux communistes, par l’idée que le racisme ou le sexisme seraient simplement des produits des rapports d’oppressions capitalistes. Les arguments pour la hiérarchisation, sont en général, de cette forme : l’oppression aurait disparue pour laisser place à une autre ou serait seulement une conséquence d’une autre forme d’oppression. Sans rentrer dans la discussion de ces arguments, qui mériterait un épisode à part, nous allons montrer en quoi ce discours peut être problématique d’un point de vue de création d’alliances.

Bien sûr, il n’est pas possible pour tout le monde d’être sur tous les fronts de lutte à la fois et de connaître les spécificités de chaque type d’oppression, et il faut souvent agir dans les luttes locales par lesquelles nous sommes les plus affectés. Néanmoins les discours qui établissent des hiérarchies entre les luttes restent problématiques. Problématique, d’une part, parce que dénigrer des luttes c’est aussi dénigrer des personnes qui subissent ces oppressions et donc d’isoler ces personnes du mouvement révolutionnaire. Problématique, d’autre part, parce que les questions d’alliances révolutionnaires ne doivent pas se baser uniquement sur une lutte spécifique. Une véritable émancipation humaine consiste à détruire tous les rapports de dominations. Au contraire, la hiérarchisation des luttes permet d’intégrer dans un mouvement des éléments réactionnaires sur le principe que si les personnes sont d’accord sur la lutte « principale » le reste n’a pas d’importance. C’est d’ailleurs cette technique que l’extrême-droite utilisait, parfois avec succès, pour essayer de récupérer une partie du mouvement des Gilets jaunes ou de s’incruster dans Nuit debout. Il est donc essentiel d’avoir à l’esprit que la notion de hiérarchisation des luttes peut-être une autre technique du confusionnisme.


(…) la hiérarchisation des luttes permet d’intégrer dans un mouvement des éléments réactionnaires sur le principe que si les personnes sont d’accord sur la lutte « principale » le reste n’a pas d’importance.


Conclusion


Nous avons donc traité assez longuement l’interview de Chouard qui illustrait les trois premières techniques rhétoriques du confusionnisme : la redéfinition de concepts, la défense non-critique de la liberté de débat et la hiéarchisation des luttes. Dans le prochain épisode, nous verrons encore deux exemples de techniques avant de passer à une définition plus systématique du confusionnisme. Nous arriverons aussi à donner quelques outils d’autodéfense intellectuels.


Notes


  1. L’interview est disponible sur Youtube.
  2. Ugo Paletha, La possibilité du fascisme, éditions La Découverte, 2018, p. 30-31.
  3. Ibid, p. 31-32.
  4. Lire le communiqué dénonçant l’attaque sur La Rotative.
  5. Voir cet article du New Yorker (en anglais).
  6. Voir l’article du Journal du Dimanche qui résume cette affaire.