Audionomie

#2 - Le confusionnisme 2/2

Cet épisode continue et termine l’analyse théorique du confusionnisme en proposant une définition et quelques outils d’autodéfense intellectuelle.


Texte complet de l’épisode


Dans le dernier épisode, nous avions décortiqué une interview de Chouard qui illustrait les trois premières techniques rhétoriques du confusionnisme : la redéfinition de concepts, la défense non-critique de la liberté de débat et la hiérarchisation des luttes. Dans ce deuxième épisode consacré au confusionnisme, nous allons considérer quelques exemples supplémentaires. Puis, nous proposerons, à la fin de cet épisode, une définition systématique du confusionnisme et quelques outils d’auto-défense intellectuels.


L’appel à des valeurs “naturelles”


Pour commencer cet épisode, nous allons considérer la collusion entre certains milieux écologistes et la droite catholique et réactionnaire. Nous ne parlerons ici, évidemment, pas des machinations de la politique parlementaire et des partis écologistes qui s’allient avec la droite et l’extrême-centre depuis longtemps. Le dernier exemple en date étant l’alliance du parti écologiste autrichien avec le parti de droite conservateur sur le principe d’une écologie nationaliste. Ce qui nous intéressera plutôt c’est de voir comment certains concepts d’analyse associés à l’écologie radicale autonome permettent la diffusion d’idées réactionnaires.


Ce qui nous intéressera plutôt c’est de voir comment certains concepts d’analyse associés à l’écologie radicale autonome permettent la diffusion d’idées réactionnaires.


A priori, il n’est vraiment pas clair comment une telle alliance écologiste-droite réactionnaire est possible. L’écologie politique est historiquement située à l’extrême-gauche ; l’un des premier représentant français de ce mouvement est le géographe libertaire Elisée Reclus et des concepts clefs de ce courant sont l’anticapitalisme, l’autogestion et la redistribution des richesses. Ce que nous allons brièvement voir c’est que d’autres concepts notamment le régionalisme, la décroissance et la critique de la technologie et de la science, qui sont aussi essentiels, peuvent être utilisés pour permettre le rapprochement.

L’exemple choisi est issu d’un article intitulé « Le mariage homosexuel est-il soluble dans l’écologie » de Pierre-Jean Dessertine publié en janvier 2013 dans le média écologiste Reporterre.net.1 Dans cet article, Dessertine s’oppose au mariage homosexuel avec le prétexte que celui-ci dénaturerait la notion de parentalité et de filiation. Cette idée rappelle évidemment les bas-fonds de la pensée des cathos intégristes, mais ce qui la différencie est la justification écologiste utilisée pour la défendre. En effet, Dessertine base sa critique de la parentalité homosexuelle et de la procréation médicalement assistée (ou PMA) sur une critique de la technique qui ressemble à celle utilisée par certains courants écologistes. Dessertine affirme ainsi qu’il « ne peut pas y avoir (de parentalité homosexuelle, car) il y a toujours un tiers décisif. Le tiers, ce sont les parents réels de l’enfant adopté, c’est la mère porteuse, c’est le médecin technobiologiste qui choisit sperme et ovule pour la fécondation in vitro, c’est le donneur de sperme, c’est l’intermédiaire pour l’adoption, et c’est, presque toujours, la grosse somme d’argent qu’il faut débourser. » Puis il soutient que l’acceptation de cette parentalité serait la voie ouverte vers l’eugénisme et termine son argument laborieux en écrivant « est-ce écologiste de contribuer à réduire la diversité des humains ? »

Je ne vais pas citer ici tout l’article, mais il y a quelques remarques qu’il faut faire pour comprendre la caractère confusionniste : premièrement, Dessertine ne différencie jamais entre les spécificités des techniques de la PMA, deuxièmement, il confond les notions de géniteurs et de parents sociaux et, troisèmement, l’auteur n’évoque jamais dans cet article la PMA dans le cadre d’une parentalité hétérosexuelle. Nous ne traiterons pas le dernier point puisque la position de l’auteur ne peut pas être devinée, en revanche nous traiterons les deux autres. Il faut mentionner que la critique de certaines pratiques techniques liées à la PMA n’est pas en soi confusionniste, mais son instrumentalisation pour défendre la discrimination des personnes homosexuelles l’est. Pour analyser plus en détail le procédé réthorique utilisé, nous allons nous baser sur un texte intitulé « Pour une critique émancipatrice de la PMA » écrit par l’autrice féministe Aude Vincent et publié en 2014. Dans sa critique, Vincent revient sur certains textes écologiques concernant la PMA et sa conclusion est sans appel : « une partie du camp écolo radical et anti-industrialiste a bel et bien sombré dans la réaction ».2

Pourquoi certains textes comme celui de Dessertine mentionné au-dessus sont-ils problématiques ? Commençons par la première remarque : pour une position qui veut être une critique de la technique, le texte de Dessertine est paradoxalement absolument insuffisant concernant la description des différentes techniques associées à la PMA. Pire que ça, en lisant attentivement le texte, il est possible de se rendre compte que la vraie question technique n’apparait jamais et que son argument s’articule uniquement autour de la critique de la notion de parentalité homosexuelle qui s’opposerait à « la parentalité naturellement fondée des hétérosexuels ». Sous des aspects de critique de la technique, nous retrouvons ainsi l’argument de l’appel à des valeurs soi-disant « naturelles » qui rapproche cette position de celle de la droite réactionnaire et qui permet, parfois, de glisser vers la misogynie et l’homophobie.


Sous des aspects de critique de la technique, nous retrouvons ainsi l’argument de l’appel à des valeurs soi-disant « naturelles » qui rapproche cette position de celle de la droite réactionnaire et qui permet, parfois, de glisser vers la misogynie et l’homophobie.


Pour le comparer à un argument critique non-confusionniste de la PMA, nous revenons au texte d’Aude Vincent. Suivant ce texte, décrivons donc les différentes techniques de la PMA. Par ordre de complexité, il y a l’insémination artificielle « maison » où le sperme est déposé sur le col de l’utérus, l’insémination artificielle en milieu médical où le sperme est déposé dans l’utérus et la fécondation in vitro, où les ovules sont fécondés en dehors de du corps. Le sperme utilisé dans la PMA peut provenir soit d’une personne choisie, soit d’une banque de sperme. Il y a donc des questions qu’on peut légitimement poser, sur la PMA, sur la manière dont le sperme est choisi et, dans le cas de la fécondation in vitro, la question de la sélection des ovules fécondés qui vont être implanté dans le corps. Il y a aussi la question du seuil de technicité toléré avant qu’on puisse considérer la technique comme aliénante. Mais pour cela il faut d’abord se rendre compte que l’insémination en milieu médical n’est pas plus complexe que la pose d’un stérilet. Comme le souligne Vincent : les techniques de la PMA « correspondent à des degrés de médicalisation différents, et dont toutes ne sont pas sujettes à une dérive eugéniste et marchande. » Puis encore, qu’il est nécessaire « de mener un débat qui s’attache à l’étude des (seuils techniques), avant de gloser sur le genre des parents… »3 La différence illustre bien l’aspect confusionniste du texte de Dessertine : sous les aspects d’une critique de la technique, qui peut légitimement poser des questions, nous retrouvons la défense de valeurs issues la droite réactionnaire.

La deuxième remarque que nous avons faite à propos du texte de Dessertine, sur la confusion des notions de géniteur et de parents, rejoint aussi l’idée d’un appel à la nature sur les questions de filiation. Dans ce contexte, Dessertine écrit que la parentalité homosexuelle mène « à une situation qui, en terme de vécu psychologique de la « famille », risque fort de sonner faux ». Plus explicitement, il écrit que la  parentalité assistée, avant la loi sur le mariage homosexuel, « était toujours une remédiation à un état de choses anormal ». Faut-il donc comprendre que le cas du père absent est plus normal que le cas de deux parents homosexuels ?

La notion de la famille dite traditionnelle est elle aussi critiquable. On peut rappeler, comme le fait Vincent, que la notion de « famille nucléaire […] a une histoire relativement récente, liée à la décohabitation de la progéniture adulte, à une déstructuration de la famille sous l’effet du mode de vie urbain et industriel et des aspirations individualistes à vivre pour soi […]. » C’est-à-dire, la notion de famille nucléaire est intimement liée « au mode de vie des sociétés libérales contemporaines ! »4 À nouveau, l’argument de Dessertine n’a aucun lien avec une quelconque critique de la technique, mais repose simplement sur des notions réactionnaires de la parentalité et de la famille.

Ce genre de mélange entre des valeurs réactionnaires et l’écologie devient, d’ailleurs, de plus en plus commun, comme le montre le cas du collectif des veilleurs ou de la revue « Limite » associée à la manif pour tous. Nous pouvons aussi évoquer le cas de militants écologistes radicaux qui arrivent, par la critique de la technique et du transhumanisme, à des positions transphobes.


Le remplacement de concepts d’analyse


La dernière technique réthorique que nous allons étudier est le remplacement de concepts d’analyse radicale par des notions plus compatibles avec l’extrême-droite. Un exemple singulier est le déplacement d’une analyse de classe marxiste vers une analyse nationaliste ou l’utilisation de concepts, traditionnellement associés à une analyse de gauche, de manière décontextualisée ou partielle. Pour illustrer cette technique, nous allons nous pencher sur la ligne d’argumentation qui lierait l’immigration à la baisse du salaire. Cet argument est bien entendu un classique de la pensée nationaliste et xénophobe mais, malheureusement, il apparaît aussi parfois dans les milieux de gauche et est présenté comme une analyse marxiste.

C’est le cas par exemple dans un entretien de Djordje Kuzmanovic avec le journaliste Rémi Noyon publié dans l’Obs en 2018.5 Kuzmanovic était un militant de la France insoumise qui a viré en 2018 dans le nationalisme en fondant son propre micro-parti d’extrême-droite. Confronté à la question de savoir si l’argument qui relie la baisse de salaire à la migration ne favoriserait pas l’extrême-droite, Kuzmanovic répond dans cet entretien « lorsque vous êtes de gauche et que vous tenez sur l’immigration le même discours que le patronat, il y a quand même un problème… » Puis encore que cette analyse serait « une analyse purement marxiste : le capital se constitue une armée de réserve. Lorsqu’il est possible de mal payer des travailleurs sans papiers, il y a une pression à la baisse sur les salaires. » Plus loin concernant les travailleurs européens en France, il précise : « S’il y a un appel d’air, il vient du patronat qui maximise ses profits en exploitant la misère du monde. »

Que se passe-t-il dans cet extrait ? A priori, le cadre de réflexion semble une analyse de gauche sur la question des migrations. Kuzmanovic le dit lui-même : son analyse sur la migration serait purement marxiste. Nous allons voir que ce n’est pas le cas et que le déplacement conceptuel effectué dans son analyse est en réalité un marqueur du confusionnisme.

Pour mieux comprendre la technique réthorique, il faut se pencher sur les présupposés des affirmations de Kuzmanovic. Le premier est l’idée que la migration serait organisée par le patronat dans un but de maximisation des profits, ou encore que le capitalisme serait pour la libre circulation des personnes. Le deuxième est l’idée que les migrants et les travailleurs français seraient en compétition parfaite sur un marché de travail homogène. Pour discuter des ses présupposés, nous allons nous baser en partie sur le texte de l’historien Roger Martelli écrit en réponse à cet interview et publié sur le site Regards.fr en 2018.6

Le premier présupposé part de l’idée intuitive que si le capitalisme, dans une recherche d’accumulation des profits, favorise le déplacement des marchandises et des capitaux, il devrait aussi favoriser le déplacement des personnes. Mais cette intuition est fausse. Le capitalisme ne fonctionne pas de la même manière au niveau national et international. Si le capitalisme a, en effet, intérêt à mettre en compétition les travailleurs internationaux, son but est surtout « de maximiser la compétitivité par la réduction globale des coûts salariaux. » Et la réduction des coûts « s’opère avant tout dans les zones de faible prix du travail, dans l’ensemble des pays du Sud »7. C’est-à-dire, le capitalisme global aurait plutôt tendance à favoriser la fermeture des frontières de ces États du Sud pour retenir les travailleurs de ces régions. Kuzmanovic néglige, en fait, les conflits d’intérêt qui peuvent exister entre les différentes sections de la bourgeoisie et réfléchit dans un cadre qui est uniquement national.


Kuzmanovic néglige, en fait, les conflits d’intérêt qui peuvent exister entre les différentes sections de la bourgeoisie et réfléchit dans un cadre qui est uniquement national.


Le glissement conceptuel est encore mieux illustré dans le deuxième présupposé. Implicitement, dans l’argument de Kuzmanovic, il est admis que le prix du travail serait fixé par son prix de marché, c’est-à-dire par l’équilibre entre l’offre et la demande. Donc, logiquement ce prix devrait diminuer lorsque des travailleurs migrants arrivent sur le marché du travail. Mais, cela ressemble plutôt à une analyse libérale classique. Dans une perspective marxiste, il faut prendre en compte aussi l’état de la lutte des classes dans une société donnée pour expliquer le prix du travail. Par exemple, en France, il existe un code du travail, ce qui signifie que le prix du travail ne pourra jamais descendre en dessous d’un certain salaire minimum indépendamment des niveaux de l’offre et de la demande.

Ce qui peut créer une pression sur les salaires, en revanche, c’est la différence de statut créé par le patronat entre les travailleurs. Si des travailleurs étrangers arrivent à obtenir un métier qualifié avec une rémunération moindre, le patronat peut utiliser cet état de fait pour tirer les salaires vers le bas. Cette dégradation n’est pas due à l’offre et à la demande perturbée par les travailleurs étrangers, mais à l’état de la lutte des classes à ce moment donné. C’est le patronat, indépendamment de l’offre de travail qui diminue les salaires. Si la lutte est favorable aux travailleurs, cette baisse ne peut pas des faire. Et d’un point vue du renforcement de la lutte, il est bien sûr avantageux de s’allier avec les travailleurs immigrés et sans-papiers, comme l’a récemment rappelé Philippe Martinez.

Pour revenir à notre propos, l’interview de Kuzmanovic, dans sa ligne d’argumentation, illustre bien la manipulation : la focalisation sur une unité liée à un territoire donné plutôt qu’une analyse basée sur la classe sociale ; et le remplacement de la notion de lutte des classes par une analyse plus libérale-protectionniste. C’est bien ces déplacements conceptuels qui permettent de désarmer les outils d’analyses de la gauche et de favoriser les intersections avec les mouvements réactionnaires.


Définition et outils d’autodéfense intellectuelle


Nous donc avons traité dans cet épisode et le précédent de trois exemples de discours confusionniste. Résumons rapidement. D’abord, nous avions analysé le discours de Chouard qui, avec la redéfinition de concepts, déplaçait des marqueurs politiques favorisant les positions d’extrême-droite. Puis, nous avions regardé le texte de Dessertine qui cachait des valeurs associées à la droite réactionnaire dans un texte présenté comme écologiste. Finalement, nous nous sommes intéressé à une interview de Kuzmanovic qui déplaçait les concepts d’analyse utilisés vers des concepts plus compatibles avec l’extrême-droite.

Il y aurait bien sûr d’autres exemples de positions confusionnistes à traiter. Pour en mentionner brièvement encore deux, nous pouvons évoquer le cas de militants écologistes radicaux qui arrivent, par la critique de la technique, à des positions transphobes et le cas de militants anti-impérialistes, qui arrivent par une analyse manichéenne de la géopolitique, à défendre régimes et des états autoritaires plutôt que les peuples opprimés. Ici, au lieu de continuer à dresser une liste d’exemples, nous allons essayer d’en extraire les principes essentiels pour donner définition abstraite du confusionnisme et nous allons proposer quelques outils basiques d’autodéfense intellectuelle.

Commençons par la définition. En se basant sur les exemples analysés, nous pourrions définir le confusionnisme comme l’utilisation de technique rhétoriques et de manipulation dans le but de favoriser le développement d’alliances et de bases idéologiques communes avec des forces réactionnaires. Dans cet épisode et le précédent, nous avons vu quelques exemples de techniques utilisées : il y avait la redéfinition de concepts, l’utilisation de valeurs d’extrême-droite dans un argumentaire de gauche, la hiérarchisation des luttes, la défense non-critique de la liberté de débat, le déplacement du débat vers des concepts compatible avec les positions réactionnaires, la défense d’un point de vue manichéen et la déformation des faits. Comme nous n’avons pas fait la liste de tous les exemples de discours confusionniste, cette liste de techniques rhétoriques est elle aussi incomplète. En dehors de ces particularités, ce qu’il faut retenir de la définition, c’est ce principe d’utilisation de techniques rhétoriques pour la création d’alliance avec des forces réactionnaires.


[Le confusionnisme] c’est ce principe d’utilisation de techniques rhétoriques pour la création d’alliance avec des forces réactionnaires.


Dans une perspective d’émancipation sociale, il est nécessaire d’agir contre la création de telles alliances car, dans le contexte actuel d’hégémonie idéologique de l’extrême-droite, elles ne peuvent profiter qu’aux forces réactionnaires. Pour cela, des réponses individuelles et collectives existent.

Au niveau individuel d’abord, la défense consiste à appliquer et aiguiser son esprit critique. Il faut appliquer les mêmes méthodes de questionnement, qui sont utiles pour contrer le discours du pouvoir, aux discours qui traversent les mouvements de luttes. Et c’est donc une démarche qui demande un certain travail d’enquête et de réflexion. Pour commencer ce travail, je peux proposer quelques règles, sans bien sûr savoir si elles seront utiles pour vous. En tout cas, les voici. Si l’explication semble trop simpliste, il faut se méfier. Si une affirmation concerne des faits peu connus ou des situations éloignées, il faut vérifier les informations et consulter différentes sources. Si une affirmation contredit un consensus scientifique, il faut a priori être sceptique. De même, si elle contredit un consensus d’experts ou qu’il y a un débat sur sa vérité parmi les experts, il faut savoir admettre que nos connaissances sont limitées. Au contraire, les experts ne sont pas toujours infaillibles. Par exemple, si une affirmation est basée sur des sondages ou des données statistiques, il faut essayer de trouver les faiblesses de la méthode utilisée et en proposer une meilleure.

Une question essentielle est aussi de savoir à qui profite l’information en question. Aux décideurs politiques en place ? Aux industriels d’un certain secteur ? Est-elle basée sur une idéologie particulière ? Sur un système de valeurs ? Est-ce que la personne qui la propage gagne de l’argent par la vente de livres ou de films ? Etc. J’espère que, dans le cours de cet épisode et du précédent, j’ai réussi à illustrer l’application de cette méthode à travers les exemples choisis.

Il y a aussi une défense collective : il faut comprendre, dénoncer et contrer le confusionnisme dans nos milieux. Pour comprendre, il faut continuer à repérer les discours réactionnaires et à analyser les techniques rhétoriques associées. Des ressources existent déjà, notamment le site du collectif La Horde8 ou le site Gauche de combat9 sur lesquels de nombreux exemples de discours confusionnistes sont illustrés. Il est aussi possible de trouver des indices sur des idéologues en enquêtant sur les personnes avec lesquels ils s’associent, les médias dans lesquelles ils s’expriment et leur manière de réagir à la critique.

Il faut, tout de même, signaler les limites du procès par association. Les dénonciations, parfois trop rapide, permettent de galvaniser des confusionnistes dans une position de victimes du système ou d’une police de la pensée. C’est pour cela, qu’il est, je pense, préférable d’insister sur des discours et des positions précises plutôt que sur les personnes qui les tiennent. Le but étant de trouver les militants sincères qui accepteront la critique et ceux qui sont dangereux pour nos luttes.


Conclusion


Pour terminer cet épisode, revenons rapidement sur la question des alliances révolutionnaires. Il est clair que de faire des « amalgames » de mouvements n’est pas une stratégie commune et que de défiler côté-à-côté, ne suffit pas. La création d’alliance est un processus long, fastidieux et nécessaire. Heureusement, des alliances existent déjà dans l’imbrication des luttes contre la répression, contre le patriarcat, contre le racisme et contre le capitalisme. Il faut continuer le développement de ces alliances tout en débusquant les idées confusionnistes et réactionnaires dans nos milieux qui essayent de nous diviser. Il faut que nos mouvements sociaux soient une ébauche de la société que nous voulons.


Notes


  1. Lire l’article sur Reporterre.net.
  2. Aude Vincent, Pour une critique émancipatrice de la PMA, disponible sur le blog Écologie-politique.eu.
  3. Ibid.
  4. Ibid.
  5. Lire l’interview sur le site du Nouvel Obs
  6. Roger Martinelli, Gauche européenne et immigration : la réponse de Roger Martelli à Djordje Kuzmanovic, disponible sur Regards.fr
  7. Ibid.
  8. Voir le site du collectif la Horde.
  9. Voir le site Gauche de combat.